8h30. Vous arrivez au bureau ou vous ouvrez votre ordinateur en télétravail. À peine le temps de vous poser que les premières notifications s’affichent sur votre écran. Un email urgent. Une réunion de dernière minute. Un message Slack d’un collègue en attente d’une réponse immédiate. Pendant que vous tentez de prioriser votre matinée, un autre flot de mails s’ajoute à la pile, suivi d’une nouvelle alerte sur votre téléphone. Vous le consultez rapidement, juste pour "jeter un œil".
Il est 9h15 et votre cerveau est déjà en surcharge.
Si cette scène vous semble familière, vous n’êtes pas seul. Le monde du travail moderne nous expose à une quantité d’informations sans précédent. Chaque jour, nous devons traiter des centaines de données sans toujours savoir lesquelles sont essentielles.
Et pourtant, ce flux permanent n’est pas anodin. La surcharge informationnelle a des effets profonds, bien que souvent invisibles, sur notre bien-être et notre productivité. Pire encore, elle s’installe insidieusement dans nos journées, nous donnant l’illusion d’être occupés, alors qu’en réalité, nous nous épuisons mentalement sans produire davantage.
Pourquoi avons-nous tant de mal à filtrer ce que nous recevons ? À quel moment l’information devient-elle un obstacle plutôt qu’un levier ? Et surtout, comment reprendre le contrôle ?
La surcharge informationnelle est devenue une norme. Pourtant, contrairement au stress ou au burn-out, elle reste rarement identifiée comme un problème majeur.
La raison est simple : elle s’immisce dans notre quotidien sans crier gare. Elle ne se manifeste pas sous forme de pression directe, mais par une accumulation progressive d’interruptions et de stimuli cognitifs.
L’information qui nous arrive ne se limite plus aux seules tâches professionnelles. Nous jonglons en permanence entre différentes sources :
Cette saturation n’affecte pas tous les collaborateurs de la même manière. Certains métiers y sont plus exposés que d’autres. Dans les départements RH et marketing, la surcharge informationnelle est souvent maximale : l’email est omniprésent, les décisions sont prises en temps réel, les sollicitations viennent de plusieurs directions. Les commerciaux (Sales) ne sont pas en reste : entre les appels, les interactions clients et la nécessité d’être constamment réactifs, leur attention est mise à rude épreuve.
Nous avons appris à vivre avec cette pression invisible, mais elle laisse des traces.
Nous pensons souvent que plus d’informations nous rendent plus efficaces. Mais en réalité, c’est tout l’inverse.
À première vue, scroller sur LinkedIn ou Instagram pendant la journée de travail semble anodin, voire bénéfique. C’est une pause, un moment de décompression entre deux réunions.
Mais ce que nous ne réalisons pas, c’est que notre cerveau ne fait pas vraiment de pause. Chaque contenu consommé, chaque publication analysée, chaque interaction déclenche une nouvelle chaîne de réflexion.
Le problème ? Cela s'ajoute au reste.
Plus nous absorbons d’informations, plus nous fatiguons notre cerveau. Le temps passé sur les réseaux sociaux, bien qu’apparemment "passif", continue d’alimenter la surcharge mentale.
Et ce n’est pas tout. Ces plateformes jouent aussi sur un autre levier : la comparaison sociale. Voir la réussite des autres, les promotions annoncées, les succès mis en avant… Tout cela peut inconsciemment générer du stress et une pression supplémentaire, alimentant un sentiment d'insatisfaction chronique.
Chaque nouvel outil numérique promet de simplifier notre travail. Mais la réalité est souvent bien différente.
Dans beaucoup d’entreprises, les collaborateurs doivent jongler avec une multitude d’outils : logiciels RH, plateformes de gestion de projet, CRM, outils de communication, intranet… Résultat ? Une surabondance de données éparpillées.
Au lieu de simplifier les tâches, cela multiplie les micro-décisions :
À force de devoir constamment choisir, notre cerveau s’épuise. Ce phénomène est connu sous le nom de fatigue décisionnelle : plus nous devons prendre de décisions, même mineures, plus nous perdons notre capacité à nous concentrer sur ce qui est réellement important.
Nous ne pouvons pas supprimer l’information. Mais nous pouvons apprendre à mieux la gérer.
Le bien-être au travail n’est pas qu’une question de confort ou d’équilibre vie pro/perso. Il passe aussi par notre capacité à protéger notre espace mental dans un monde où l’information devient un bruit de fond permanent.
La question n’est pas "combien d’informations ai-je traitées aujourd’hui ?" mais "combien étaient réellement utiles ?".
Et si, au lieu de vouloir tout savoir, nous apprenions à mieux choisir ce que nous voulons retenir ?
La surcharge informationnelle est un phénomène insidieux qui détruit progressivement notre concentration, notre énergie et notre bien-être.
La clé n’est pas de consommer plus d’informations, mais d’apprendre à filtrer intelligemment.
En mettant en place quelques ajustements simples, il est possible de retrouver une vraie qualité de travail et un bien-être mental durable.
Car au final, ce n’est pas la quantité d’informations qui fait la différence… mais notre capacité à ignorer celles qui ne comptent pas.